Mahmoud Darwich

 

Hamoud Yahia, Zalina Mohd Lazim et Ravichandran Vengadasamy sont trois universitaires de Malaisie, chercheurs au sein de la School of Language Studies and Linguistics (Universiti Kebangsaan Malaysia). Ensemble, ils ont publié une remarquable étude (en langue anglaise) intitulée « Eco Resistance in the Poetry of the Arab Poet Mahmoud Darwish ». Il s'agit d'une analyse de trois poèmes du grand poète palestinien Mahmoud Darwich. L'enjeu est de montrer l'importance de la nature dans son œuvre et de révéler à quel point cette écopoésie est partie intégrante de la résistance culturelle d'un peuple face à l'occupation, l'exil, et la dépossession.

 

L'étude est parue dans la revue The Southeast Asian Journal of English Language Studies – Vol 18(1), pp.75 – 85, 2012.

Elle peut être télécharger à l'adresse suivante : http://ejournal.ukm.my/3l/article/view/950

 

Je suis de là-bas,

 

Je suis de là-bas,
J’ai des souvenirs.
Je suis né comme naissent les gens.
J’ai une mère et une maison pleine de fenêtres.
J’ai des frères, des amis et une prison avec une fenêtre frisquette.
J’ai une vague que les mouettes ont dérobée.
J ’ai mon paysage favori.
J’ai un chaume, une lune au bord extrême du mot,
de la nourriture pour les oiseaux et un olivier immortel.
Je suis venu sur terre avant que les épées ne touchent un corps et en fassent un festin.
Je suis de là-bas.
Je rends le ciel à sa mère quand il pleure pour elle et moi je pleure pour que le nuage
me reconnaisse à son retour.
Pour rompre les règles j’ai appris tous les mots appropriés à la justice de sang.
J’ai tout appris de la langue, je l’ai démêlée pour former un seul mot: patrie.