victor-jara

Symbole vivant de l'écologie vivante, le Chilien Victor Jara est l'un des plus beaux témoignages de cette quête de justice sociale qui s'ancre dans les paysages naturels de l'Amérique du Sud. Né en 1932, il fut la grandeur musicale de la révolution sud-américaine. Communiste, il a été l'un des soutiens culturels de Salvador Allende. Ses chansons honoraient Pancho Villa, Camilo Torres, Che Guevara... et, en même temps, disaient la terre, le lien aux éléments, la vie paysanne, toute une vie bucolique, un paysage pastoral de l'âme. Quand les militaires, sous la conduite du général Pinochet, prirent le pouvoir avec l'aide des États-Unis, le chanteur-poète fut arrêté. C'était le 11 septembre 1973. Emprisonné et torturé (ses doigts seront coupés par une hache  devant des milliers de prisonniers politiques !), il sera finalement assassiné le 15 septembre. Pour lui rendre un hommage, je me permets de mettre en ligne la vidéo où l'on entend Victor Jara chanter et jouer de la guitare. La chanson (qui date de 1971)  s'appelle "Prière à un paysan" (Plegaria a un labrador). Je publie ci-dessous la belle traduction de Régine Mellac (dans Chants libres d'Amérique latine. La rose qui pleure, Paris, Le Cerf, 1974).

Victor Jara - Plegaria a un labrador

 

 

« Lève-toi,

 

Et regarde la montagne,

 

D’où viennent le vent, le soleil et l’eau,

 

Toi qui modifies le cours des fleuves

 

Toi qui as semé l’élan de ton âme.

 

 

 

Lève-toi,

 

Et regarde tes mains,

 

Pour progresser, prends celle de ton frère,

 

Ensemble nous irons, unis dans le sang,

 

Aujourd’hui est venu le temps d’un lendemain.

 

Délivre-nous de celui qui nous domine dans la misère,

 

Apporte-nous ton règne de justice et d’égalité.

 

Souffle comme le vent

 

Sur la fleur du ravin,

 

Nettoie comme le feu le canon de mon fusil.

 

Enfin, que ta volonté soit faite ici, sur terre.

 

Donne-nous ta force et ton courage pour le combat.

 

Souffle comme le vent sur la fleur du ravin,

 

Nettoie comme le feu le canon de mon fusil.

 

 

 

Lève-toi,

 

Et regarde tes mains,

 

Pour progresser, prends celle de ton frère,

 

Ensemble nous irons, unis dans le sang,

 

Maintenant et à l’heure de notre mort. Amen. »