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Paulo  Reglus  Neves  Freire  est  né  à  Recife,  capitale  de  l'État  brésilien  de  Pernambouc,  une  des zones les plus pauvres de ce grand pays latino-américain. Bien qu'élevé dans une famille de la classe moyenne, Freire s'est intéressé à l'éducation des pauvres de sa région. Juriste de formation, il a mis au  point  un  «  système  »  d'enseignement  applicable  à  tous  les  niveaux  de  l'éducation.  Deux  fois emprisonné  dans  son  pays,  il  est  devenu  célèbre  à  l'étranger.  Freire  est  aujourd'hui  sans  conteste l'éducateur le plus renommé de notre temps. Son «  système  » repose sur l'idée que le processus éducatif doit se concentrer sur le milieu de  l'élève.  Il  estime  que  l'apprenant  doit  comprendre  sa  propre  réalité  dans  le  cadre  de  l'activité d'apprentissage. Il ne suffit pas qu'un élève parvienne à lire la phrase  : «  Êve a vu du raisin  ». Il doit aussi  apprendre  à  situer  Êve  dans  son  contexte  social,  chercher  à  savoir  qui  a  travaillé  pour produire le raisin dont il est question et à qui ce travail a profité.

Ce «  système  » a contraint Freire à s'exiler en 1964, après avoir passé soixante-quinze jours en  prison,  et  s'être  vu  accuser  d'être  «  un  révolutionnaire   et  un  ignorant  ».  Il  a  alors  passé  quatre années  au  Chili  et  une  aux  États-Unis.  En  1970,  il  s'est  installé  à  Genève  où  il  a  travaillé  pour  le Conseil  œcuménique  des  Églises.  En  1980,  il  est  retourné  au  Brésil  pour  «  réapprendre  »  à connaître son pays. Pa ulo Freire a publié un grand nombre de livres qui ont été traduits en dix-huit langues au total.  Plus  de  vingt  universités  du  monde  lui  ont  décerné  le  titre  de  docteur   honoris  causa .  Son ouvrage  le  plus  connu,   Pédagogie des opprimés ,  est  consacré  aux  déshérités  de  la  terre  ainsi  qu'à ceux qui s'identifient aux plus pauvres, souffrent avec eux et luttent pour eux

Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée (Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol. XXIII, n° 3-4, septembre-décembre 1993, p. 445-465.